En quelques mots

Ma photo
La spontanéité d'une polyglotte hyperactive.

vendredi 24 septembre 2010

Photos!

Comme on le dit si bien, une image vaut mille mots! Voici quelques photos pour vous faire une petite idée.



Ma petite chambre.




Ce mystérieux Korpus 5 vu de ma chambre!!!!



Une des cathédrales du Kremlin



Une autre cathédrale du Kremlin.



Une photo de filles aux résidences.

En un clin d'oeil

Ma notion du temps n’est plus la même. Je suis arrivée à Moscou depuis deux semaines. Déjà? Oui je peux dire ça. Seulement deux semaines? C’est vrai aussi. Les journées sont intenses et chargées, si je fais l’éventail de tout ce que j’ai fait en deux semaines j’en ai le vertige. Le temps nous file entre les mains et pourtant je m’aperçois que ce n’est que le début de l’aventure. Nous avons commencé nos cours cette semaine, et hop les heures se sont mises à s’écouler plus rapidement. Ça fait du bien de se replonger dans une routine universitaire.

Chaque personne que j’ai rencontrée depuis mon arrivée m’inspire d’une façon différente. De magnifiques rencontres, des gens passionnés et ouverts d’esprits. J’apprends de chacun d’eux.

Je pensais à la sœur aujourd’hui, à une magnifique phrase qu’elle m’a lancée à l’aéroport alors que nous avions toutes les deux le visage barbouillé de larmes : «Tu vas revenir et tu vas avoir 35 ans. Pas d’apparence là. Je veux dire à l’intérieur tellement tu vas avoir vécu de trucs!» Je le constate de plus en plus, c’est lorsqu’on perd tous nos repères qu’on évolue à la vitesse de l’éclair. Je suis en train de redécouvrir certaines facettes de ma personnalité que j’ai parfois tendance à oublier.

mercredi 22 septembre 2010

Jongler entre sa troisième et sa quatrième langue

J’ai plusieurs objectifs par rapport à mon année ici. Un d’entre eux est de sortir le plus souvent possible de ma zone de confort et de contrer le fait que l’humain tend instinctivement vers la facilité.

Objectif grandement accompli pour la journée. Ouf, c’est ridicule comment des petites choses simples peuvent s’avérer angoissantes. Comme se rendre dans un cours d’allemand donné par un Russe alors que la session a déjà débuté depuis 2 semaines.

Par l’intermédiaire d’Ekaterina, la responsable du centre Moscou-Québec, l’enseignant est prévenu que je veux suivre son cours. Rendez-vous à 12h15 à la foutue classe 9 que j’ai réussi à trouver tant bien que mal, cachée derrière une porte blindée dans un demi sous-sol.

Je m’attends à me retrouver dans une grande classe où je passerai inaperçue et où je pourrai me cacher à l’arrière terrorisée par le fait d’avoir à répondre à des questions dans deux langues que je maîtrise plus ou moins.

J’entre dans la classe et 5 jeunes filles russes me regardent avec des points d’interrogations dans les yeux. Leur effet de surprise s’intensifie aussitôt que je demande s’il s’agit bien de la classe d’allemand. Mon accent «non-identifiable» ne passe pas inaperçu. Une des Russes, me tend un texte en me disant que c’est là-dessus qu’ils vont travailler aujourd’hui. Ouf, comme ça me fait du bien de me replonger dans la langue allemande. Je ne comprends pas tout, mais l’alphabet latin me fait du bien et je reconnais plusieurs mots.

L’enseignant entre finalement et me dévisage lui aussi, n’étant pas certain de comprendre pourquoi je me suis assise dans sa classe. Je lui explique que je suis Canadienne et que c’est Ekaterina qui m’a dit de venir ici. Il comprend aussitôt et me demande de revenir à deux heures.

De retour à deux heures, je suis déjà plus détendue. Je croise l’enseignant qui sort prendre l’air et qui me dit que je peux me rendre en bas. Les visages des autres étudiants sont déjà plus sympathiques et je me rassois dans ce petit local avec une impression de déjà-vu.

Le cours débute, il me demande mon nom. J’ai renoncé depuis longtemps à expliquer que c’est Marie-Hélène. Les noms composés ne sont pas trop internationaux, alors je diminue ça à Marie. Il explique aux étudiants que je suis Canadienne, yeah 4 sourires dans ma direction, je sens automatiquement une ouverture d’esprit de leur part. C’est habituellement assez répandu dans le domaine des langues. J’ai beau être l’étrangère, je sais que je vais finir par me sentir à ma place dans cette classe.

Il s’agit d’un cours d’histoire sur la dynastie carolingienne. Disons qu’après mes deux petits cours d’allemand où j’ai appris les aliments et comment me diriger dans une ville je ne comprends que 15% de ce qui est dit. Ça m’est égal. Chaque phrase que je déchiffre est une petite victoire. L’enseignant est très intéressant, il parle lentement et est assez expressif ce qui facilite grandement la compréhension!

Même si j’étais un peu mal à l’aise au départ, ça s’est rapidement envolé. Je me suis aperçue que je mettais sûrement davantage l’enseignant mal à l’aise que l’inverse. Il tentait du mieux qu’il pouvait de s’assurer que je comprenais bien alors je lui adressais de beaux sourires et je prenais des notes. Un peu absurdes mes notes… Mais bon personne autour n’aurait pu les déchiffrer.

Le cours s’est terminé. L’enseignant m’a demandé si j’avais bien compris. Je lui ai sorti alors une magnifique phrase que je préparais depuis une heure : «Я не всё понимала но я понимала! Зта очень интересный.» (Traduction : Je n’ai pas tout compris, mais j’ai compris. C’est très intéressant!) Et je suis sortie de la classe, étourdie de penser en allemand-russe. En effet, je m’aperçois que je comprends mieux l’allemand. Certains mots sont similaires et permettent de suivre le sens de la discussion. Mais je suis en Russie depuis deux semaines, je pense sans cesse en russe, alors quand vient le temps de m’exprimer ce sont seulement des phrases russes qui se créent dans ma tête.

Je suis sortie de la classe en même temps qu’une autre fille, une fois à l’extérieur je lui ai lancé un beau «Пака!» en souriant. (À bientôt, à la prochaine.) Objectif pour le prochain cours : parler un peu avec ces Russes qui semblent bien sympathiques. Une classe de six élèves ça facilite grandement l’échange!

Apprenez à respirer!

Note au lecteur : J'ai déjà eu de bons contacts avec certains Russes depuis mon arrivée. J'en ai rencontré quelques uns très sympathiques. Mais je me permets tout de même de généraliser un peu sur la culture dans cet article.

Ah ces chers Moscovites! Leur rythme de vie me stresse, m'essoufle. Je suis épuisée simplement à les regarder courir toute la journée. Rien ne les arrête. Ils marchent à un pas épouvantablement rapide... Je vous assure, s'ils se mettaient à faire des compétitions de marche rapide ils batteraient des records. C'est surprenant que nous n'en voyons pas beaucoup dans les compétitions internationales...

Le respect des individus qu'on croise dans la rue est inexistant ici. Ne vous attendez pas à recevoir un merci dans votre journée si vous travaillez comme caissier dans une épicierie. Si vous ouvrez la porte à quelqu'un sur son passage vous n'obitendrez aucun sourire timide en signe de reconnaissance. Rien, c'est le chacun pour soi à l'état pur. Quelle belle individualité.

Ça se bouscule, s'écrase les pieds, s'impose dans le métro en dépassant tout le monde. Aucune conscience de l'autre. À l'épicerie c'est l'enfer. Toujours trop de gens, trop de paniers de magasinage et tout le monde qui s'accrochent sans s'excuser. Les gens ne semblent pas apercevoir que d'autres individus les entourent trop centrés sur le "Je veux mes oeufs, mon savon je vais payer MAINTENANT et j'ose même vous dépasser dans la file.

Le plus beau là-dedans? C'est moi l'étrangère, c'est moi qui a tout faux avec ma perception à la Québécoise.
Choc culturel. Choc culturel. Choc culturel.

mardi 21 septembre 2010

Perdus dans un périmètre de 200 mètres

Depuis notre arrivée, nos seuls déplacements se résumaient à des visites au centre Moscou-Québec et au bureau international, qui se trouvent tous les deux dans le Korpus 6.

Hier nous devions trouver le bureau d’un enseignant de la faculté d’histoire qui nous donnera un cours de politique russe en français. Nous nous dirigeons par habitude vers le Korpus 6, mais Maylina déclare que son bureau se trouve dans le Korpus 5. Un mystérieux bâtiment où nous n’avions encore jamais mis les pieds.

Ce campus que je trouvais minuscule à mon arrivée devient rapidement gigantesque, voir même épeurant à certains endroits avec tous ses recoins. Les bâtiments nous renvoient immédiatement à l’ère soviétique, c’est vieux, pas très bien entretenu, sale et foutument mal indiqué. J’avoue avec toute humilité que nous avons un magnifique campus à l’Université Laval!

Nous avons donc monté et descendu des dizaines d’escaliers qui ne menaient nulle part. Nous avons découvert une compagnie de je ne sais quoi qui se loge au quatrième étage du bâtiment. Nous avons rencontré un garde de sécurité tout sauf sympathique qui nous a fait comprendre assez rapidement que les étudiants n’avaient rien à foutre dans ce Korpus (avec toute la politesse d’un garde de sécurité russe bien sûr!). Malgré notre faible niveau de compréhension, certaines expressions faciales sont universelles.

Bref après avoir marché dans le corridor du quatrième étage qui baignait dans l’obscurité la plus complète, après avoir marché dans le corridor du cinquième étage vide et inhabité et après avoir repassé devant le même garde à trois reprises (par 3 différentes portes d’entrée, je tiens à le préciser!); nous avons décidé de prendre une pause yogourt et ainsi d’arrêter de tourner en rond inutilement.

Hubert : «Qui a dit que le bureau était dans le Korpus 5? C’est écrit nulle part sur le papier!»

Silence. Nous regardons Maylina qui s’aperçoit de son erreur. Fou rire. Et nous retournons vers le Korpus 6 où notre instinct nous avait traînés au début de cette quête interminable!

Nous arrivons au quatrième étage. 425, 427, mais où est 426? Les chiffres pairs sont un peu plus loin sur le même étage. On arrive devant le bureau. «Non ça ne peut pas être ici, c’est le bureau du recteur de la faculté!» On en déduit qu’il s’agit de quelqu’un de très important, et on en a la confirmation après les 10 premières minutes à discuter avec lui!

45 minutes plus tard, nous avons réussi à effectuer les premières présentations et nous commençons nos cours avec lui ce jeudi. Je nous accorde tout de même un échec pour le laps de temps absurde que cela nous a pris, d’autant plus que nous tournions tout simplement en rond. Aujourd’hui j’ai un cours de culture allemande, donné en allemand, dans ce mystérieux Korpus 5. Je crois que je vais m’y prendre deux heures d’avance pour trouver le local!

D’ailleurs, d’après mes déductions journalistiques, je suis persuadée que la deuxième partie de ce bâtiment est habitée par des fantômes. En effet, on y voit des rideaux, des lumières allumées et du mouvement la nuit tombée, mais aucune porte ne donne accès à ce côté du pavillon. Gardez ça secret, il ne faudrait pas effrayer les autres!

samedi 18 septembre 2010

Run Moscow!

L'événement Run Moscow день и ночь (jour et nuit) se déroulera dimanche le 26 septembre prochain.

D'après ce que j'ai compris sur le site internet, il s'agit d'un gros regroupement de sportifs qui a déjà eu lieu dans plusieurs capitales du monde. New York, Tokyo, Buenos Aires, Rome, pour ne nommer que celles-là. C'est la première fois que cela aura lieu à Moscou. Les participants courent 5km et il y a différents parcours dans le centre-ville.

Je m'y suis inscrite! Pour l'instant Christina et Maylina se sont inscrites elles aussi, et je vais tenter d'en motiver d'autres cette semaine.

Nous étions 16

Et je me suis retrouvée avec 2 Autrichiennes à danser sur de l'électro jusqu'aux petites heures.

Bref, quelle soirée. J'en déduis que sortir à Moscou, c'est toute une aventure de patience, de ballades en transports et de promenades nocturnes.

Tous les étudiants des résidences se sont retrouvés vers 20h-21h pour commencer la soirée. Nous commençons à être une gang de plus en plus soudée que les différentes soirées regroupent toujours un peu plus.

Vers 11h30 on se donne rendez-vous dans le hall pour partir au centre-ville. 11h30 parce qu'on sait bien que personne ne va descendre tout de suite. On quitte la campus à 12h20 en sachant qu'on va pouvoir prendre un des derniers trains du métro. Déjà là on perd la moitié du groupe qui décide finalement de passer la soirée aux résidences.

Arrivés dans le métro, (oui ce fameux métro dans lequel je commence à retrouver mon chemin) nous suivons Hannah, une Américaine qui nous traîne dans un bar où elle a déjà été. Nous sortons de la ligne brune pour aller vers... quelle couleur? Sans m'en apercevoir je me retrouve dans la ligne verte, toute seule, avec seulement Eva derrière moi qui parle au téléphone. Nous avons perdu le groupe sans trop comprendre comment et nous rebroussons chemin pour les retrouver. Merci ils nous avaient attendu.

En sortant du métro, nous zigzagons dans les ruelles pendant une bonne vingtaine de minutes. Hannah tente de retrouver le bar de mémoire mais s'aperçoit finalement que nous ne sommes pas du tout dans la bonne direction. Nous revenons sur nos pas en demandant notre chemin à quelques voitures qui s'arrêtent, croyant que nous avons besoin d'un taxi.

Nous trouvons finalement le bar, mais nous y restons un gros 4 minutes maximum car l'entrée est trop dispendieuse. En fait, il y avait un spectacle et ce n'était pas vraiment le genre de musique à laquelle nous nous attendions. J'ai compris par la suite (car j'y suis retournée le lendemain) qu'il s'agit d'un club où l'on y présente exclusivement différents spectacles tous les jours.

Les filles décident de se rendre à Propaganda, un bar électro où elles avaient déjà été à quelques reprises. Il est rendu 1h15, 1h30, plus de métro, on doit prendre le taxi. J'ai immédiatement comparé cette première expérience de taxi moscovite à celles du Bénin! Des taxis tout-à-fait informels, de la négociation en russe alors qu'ils savent bien trop que nous sommes étrangers et qu'ils tentent de nous charger cinq fois le prix.

Je ne comprends pas trop ce qui se passe, le chauffeur de taxi tient à ce que nous nous séparions en deux groupes et que le deuxième groupe se retrouve avec son ami. Et dans le temps de le dire je suis assise entre Eva et Isabella, deux Autrichiennes que j'adore. Je leur ai saisi les cuisses en déclarant que je ne les quittais plus d'une semelle. De 1, parce que je n'arrive tout simplement pas à m'exprimer convenablement, et de 2, parce qu'à l'instant j'étais complètement désorientée dans une ville de 13 millions d'habitants. La petite Papineauvilloise que je suis commence à s'y habituer tranquillement.

Le chauffeur de taxi n'est pas très sympathique. Mais bon ça nous est égal, il met sa musique pop russe dans le tapis, en faisant jouer la même chanson à quelques reprises et Isabella et moi commençons à danser. Trop d'énergie dans l'air, il est temps que nous arrivons au bar!

Nous arrivons au bar. Je m'attends à ce que les péripéties se terminent là et que nous ne nous cassons plus la tête jusqu'à ce que les premiers rayons du soleil apparaissent. Mais non. J'apprends rapidement que sortir avec des gars n'est jamais évident. Philippe, notre ami Allemand, se fait refuser l'entrée. Sûrement à cause de son style vestimentaire trop décontracté. Bref, j'entre quand même avec Isabella et Eva, et la moitié de l'autre groupe décide de rester avec Philippe et de trouver un autre bar.

Première expérience de clubbing pendant toute une nuit sur de la musique électro. J'AI ADORÉ! Wow! Tout le monde n'était là que pour danser. Le DJ nous a tenu en transe jusqu'à la fin, j'avais l'impression que c'était la même pièce musicale qui ne se terminait jamais. En fait c'était ça, tout simplement! En terminant la soirée Isabella m'a regardée en déclarant qu'elle reviendrait sûrement souvent. C'est certain!