En quelques mots

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La spontanéité d'une polyglotte hyperactive.

vendredi 3 juin 2011

The crazy Canadians

Le surnom des "Crazy canadians" nous suit partout où nous allons. Avec nos minuscules sacs a dos qui font environ le tiers de la taille normale, nos bâtons de bois trouvés dans le fin fond de la forêt, notre histoire folle de première journée à raconter encore et encore à chaque rencontre, et notre énergie, nous nous sommes vite créés une belle réputation de polyglottes folles et fonceuses sur le chemin! 5 langues se mêlent dans mon cerveau à présent. L'espagnol a apparu, et j'ai la chance de pratiquer mon allemand tous les jours!

Les jours se suivent avec une routine semblable, mais sont tellement tous différents les uns des autres avec de nouvelles rencontres et de beaux échanges à tous les jours.

Nous avons baisse notre moyenne de kilomètres par jour a 25-30, ce qui est normal et bien acceptable pour notre corps et nos petits pieds! On passe toute la matinée et le début d'après-midi à marcher. Ensuite arrivée à l'auberge dans le but de se poser un peu. Pourtant, le lavage, la petite bière, la sieste parfois, je perds complètement la notion du temps. Puis vient le souper, le vin rouge qui coule à flot, des discussions enflammées pellerins puis le couvre-feu à 22h (respecté environ 50% du temps pour être honnête!) 6h le réveil et Maylina qui me secoue gentiment. Le corps s'habitue plus rapidement que ce qu'on pourrait s'imaginer à se lever tôt tous les jours!

J'ai eu l'impression de vivre dans une bulle intouchable quelques jours, alors que nous suivions toujours les mêmes gens avec qui nous tissions de belles amitiés. Pourtant nous n'avons aucun contrôle sur le rythme de marche de tous et chacun et naturellement nous passons notre temps à se séparer et à se retrouver quelque 50 kilomètres plus loin.

4 jours de marche encore... un peu plus que 90 km. Et je vous reviens le plus vite possible sur nos petites anecdotes!

mercredi 25 mai 2011

Un peu trop aventureuses

"Ce chemin me décourage VRAIMENT!"
Cette phrase de Maylina est étampée dans ma mémoire à jamais. Je n'ai pas trop compris notre randonnée folle d'hier. Journée de beaucoup trop de kilomètres sans fin. Reste que c'était à notre image : intense, spontané, désorganisé!

Avec miss Calabrino et miss Ratel jamais rien n'est simple. La vie est une question d'intensité. Il était donc tout à fait normal pour nous d'effectuer le chemin du Nord dans notre pellerinage vers St-Jacques de Compostelle plutôt que le chemin le plus populaire (soit le Camino francés).

Bref, resultat apres une journee de marche de 50 km, 11h en montagne, (le double de ce qu'on prevoyait!), des centaines de vaches et des chiens menacants et aucune auberge pour pellerins en vue, nous avons pris le premier bus ce matin pour rejoindre ce fameux Camino francés.

Il y a des limites a etre aventureuses en pleine nature, en pleine montagne, sans aucune carte pour nous guider, et avec pleins de signes qui nous dirigent completement dans la direction opposee. Ca l'aura ete une bonne lecon pour nos deux personnalites spontanees!

Sur ce, nous entamons demain matin ce nouveau chemin. Nous prevoyons en moyenne 20 a 30 km par jour, donc nous devrions rejoindre Santiago de Compostella d'ici environ 11 jours.

J'adore cette ambiance saine, en pleine nature. C'est maintenant le moment de nous ressourcer!

mardi 17 mai 2011

Point final

Je quitte ma chambre, RGGU, Moscou dans une heure. 58 minutes en fait pour être exacte... 57 si je continue à vous parler de minutes... Et ça défile ainsi et me donne le vertige plus que jamais.

J'ai couru toute la journée (un peu pour faire changement!), j'ai couru jusqu'à maintenant et je cours encore, voulant dire aurevoir à tous, acheter les derniers trucs que je me suis toujours dit avoir le temps plus tard en 8 mois, écrire à toutes ces personnes qui ont touché mon coeur plus profondément que tout ce que j'aurais pu imaginé. (Ouf que c'est quétaine tout ça... mais tellement sincère!)

Tout le monde est là ce soir... on a soupé, on boit du vin pas très bon qu'on transforme en sangria pour oublier le goût, on sourit, on rit, tout comme hier et demain... Mais non en fait parce que demain je suis en Espagne. Et ça ça donne le vertige. Je vais être en choc de dépaysement dans quelques heures... de dépaysement de "où est ma chambre? où est ma coloc avec son sourire matinal? où est la cuisine si miniscule et si sale que j'AAAADOORE." 8 mois c'est assez pour se créer une vie et une routine, mais qui malheureusement doit casser d'un coup.

Je ne suis pas triste. Seulement émotive :)

Voilà, je voulais vous écrire une dernière fois de Moscou, sur le vif. Merci pour votre fidélité au cours de ces 8 mois d'intensité!

Cet environnement russophone va me manquer plus que tout ce que je peux imaginer.

Et maintenant, direction l'Espagne pour un mois!

À bientôt!

lundi 2 mai 2011

Voyager c'est aussi accepter des aurevoirs déchirants

Les amitiés se renforcissent au fil des jours et des semaines. Tant avec les étudiants étrangers, qu’avec des Russes généreux et des Arméniens complètement fous. Il faut croire que lorsqu’on voit la date fatidique arriver à grands pas, une adrénaline est alors suscitée et elle favorise des moments toujours plus intenses avec ces gens qui ont changé notre vie à leur façon.

C’est ma petite famille aux résidences et ces rencontres exceptionnelles qui vont faire que mon cœur sera en mille morceaux un certain 18 mai qui arrive trop vite à mon goût.

Un mélange d’émotions fortes se bousculent sans cesse en moi depuis quelques jours. Malgré une certaine tristesse, un vide qui se creuse, ce sont des émotions positives car elles représentent toute l’intensité de l’expérience que j’ai vécue ici depuis septembre.

Une vie en 9 mois. Une vie en soi.

Moscou, elle, restera là. Cette bulle d’amour inconditionnelle va exploser avec les départs de tous et chacun.

Je me bats contre le temps qui me file entre les mains.

lundi 4 avril 2011

Printemps et crème glacée font bon ménage

Ce qui fait la beauté d’un écrivain et de son style littéraire c’est la sensibilité avec laquelle il parvient à décrire chacune des situations de la vie quotidienne. Une sensibilité qui nous transperce le cœur par sa sincérité.

C’est le printemps. Je pourrais passer mes journées à lire et écrire assise sur un banc dans un parc. Mais bon, les cours ne sont pas encore terminés. Et puis c’est quoi, 6 semaines qu’il nous reste? 6 semaines c’est un claquement de doigt et un soupir, et je compte bien profiter de chaque moment jusqu’à la fin!

J’aurais souhaité avoir mon appareil pour photographier la vie ce matin. J’ai oublié un instant que j’étais dans la Moscou étourdissante, et j’ai regardé ce couple passer devant moi. Tellement simple et beau.

Ce couple âgé aux éclats brillants dans les yeux, marchant à la vitesse à laquelle leur permettait leurs corps fatigué et leur dos courbé. Ils poussaient tranquillement un carrosse et l’enfant devait sûrement dormir, paisible et en sécurité avec ses grands-parents.

dimanche 20 mars 2011

Chronique météo 6 mois plus tard

Moscou est grise et froide ce matin. Encore. La même routine depuis novembre, depuis 6 mois. La même météo, seulement qu’au lieu d’être des -20 c’est des -5.

J’ai hâte de voir un ciel bleu, la température joue sur nos humeurs à long terme.

Hier soir, la préparation de la soupe du bonheur était donc de la partie! C’est réconfortant une soupe maison les dimanches soirs.

Relations à distance 101

On dira ce qu’on voudra des scènes d’aéroport qui sont si romantiques; après y avoir fait 4 aurevoirs en 6 mois, toujours à la même personne, et avec toujours la même émotion à la gorge, ça devient foutument triste.

L’Homme à Moscou ça été 7 jours à rattraper le temps perdu encore une fois, à déjeuner tous les matins sans pression et à déguster des crèmes glacés à -10 degrés. Ça été deux enfants qui couraient partout pour tout faire, tout dire et tout voir dans des délais où le temps nous est toujours volé. Ça été un gros côté de ma vie qui en rencontrait une autre partie, et le bonheur de voir ces deux mondes se mêler naturellement.

Voici trois photos de la nuit moscovite que je trouvais tellement belle ce soir-là.